quote VIH- SIDA : La nécessaire éducation.

La mode, c’est le changement. Le secteur de la santé n’y échappe pas, surtout face à la complexité des besoins venant des malades et même du personnel. Dans le cadre de la campagne #SantePourTous, vous avez des billets (en bleu dans le texte, antérieurs à celui-ci dont je ne suis pas l’auteur) qui traitent de certains aspects de la santé au Cameroun. Ce billet, sur la  lutte contre le VIH- SIDA,  montre que s’il faut louer les efforts des pouvoirs camerounais en ce qui concerne l’accès quasi- gratuit aux ARV (Anti- Rétroviraux), les PVVIH (Personnes Vivant avec le VIH) continuent d’avoir des griefs quant à leur prise en charge.

Des campagnes de sensibilisation inefficaces

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Les boites mensuelles d’ARV sont distribuées gratuitement dans les centres de santé agréés.

 

D’emblée, chaque fois que je fais face à un spot publicitaire, je me demande : pourquoi le taux d’infection au VIH ne dégringole pas de façon drastique au Cameroun ? La réponse m’a été apportée par cette PVVIH :

« Ils ont beau mener leurs campagnes, ce sera toujours un échec. Au Cameroun, quand tu es dépisté positif au VIH- SIDA, on te demande des tests supplémentaires pour déterminer ton taux de globules blancs dans le sang. Pour être immédiatement pris en charge, il faut que tu sois en dessous du seuil critique de 300 copies de CD4. C’est tard. »

Lors de cet entretien, j’ai également réalisé le niveau de stress élevé auquel sont soumises les PVVIH. Comment vivre dans l’attente d’un traitement alors qu’on se sait infecté ? En plus, il ne faut pas perdre de vue le tabou qui frappe toujours cette infection. Une autre personne interrogée m’a avoué que quand on lui a annoncé son statut, elle n’y a pas cru tout de suite :

« Très peu de structures hospitalières assurent un suivi psychologique des malades qui se sentent, à juste titre, diminués. »

De fait, je comprends la réticence sur l’effectivité des campagnes car il n’y a pas de suivi immédiat.

 « Pas un mot ! »

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Les PVVIH subissent la loi du silence,  c’est tant mieux pour le VIH-SIDA.

 

C’est le commandement de base que s’imposent les PVVIH. Et c’est compréhensible : la peur de la stigmatisation, du rejet et de l’augmentation du sentiment d’ostracisme à leur égard explique le silence dans lequel s’enferment les PVVIH. Il m’est arrivé d’assister à des scènes déshumanisantes venant à la fois des familles des PVVIH et même du personnel médical vis-à-vis des malades. Je veux pour exemple, cette infirmière qui a grondé un malade en le traitant à tue- tête de « sidéen ». Le serment d’Hippocrate a-t-il encore une valeur quelconque au #237? C’est ce type de comportement qui fait fuir les patients et limite l’impact des campagnes de sensibilisation. Ceci remet bien évidemment l’épineux problème de la formation des infirmières sur la table et celui  de l’étique médicale en règle générale.

Quand la nutrition s’en mêle…

img_20150103_144809.jpg… Le traitement en prend un coup. La prise des ARV entraine très souvent la perte de masse musculaire aux joues (si, si!) et aux… fesses! Les conduites alimentaires à tenir varient au cas par cas, en fonction de l’état et des complications du patient.

Les PVVIH que j’ai eues à rencontrer m’ont avoué qu’elles ne savaient pas qu’elles devraient aussi rencontrer une nutritionniste par manque de moyens financiers .

Certes, l’idée commence à faire son chemin mais il faut reconnaître que les infirmières en service dans les hôpitaux du jour camerounais sont très peu à savoir les développements en matière de recherche sur le VIH- SIDA.

« Les ateliers de formation sur le VIH- SIDA interviennent très rarement. Nous n’osons pas nous plaindre car il y en a, parmi nos collègues, qui n’en bénéficient même pas. Nous sommes chanceuses, ici en ville ».

Révélateur ? Certes. Un souci d’éducation systémique et systématique s’impose au Cameroun. Il ne faut pas seulement attendre le 1er décembre pour s’en souvenir. C’est leur quotidien, c’est notre quotidien. C’est aussi ce par quoi passe le droit à la santé.

Christian M.

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7 comments

  1. Hhmmmmm faut vraiment un suivi psychologique car la personne infectée et son entourage n vivent pas toujours bien cette annonce….. Ooooh d’aucun parleront du counceling qui dure au trop 20 min lorsque l médecin est indulgent… vraiment on devrait revoir la politique d cette histoire ,former tout au moins l personnel qui est contact avec ces personnes déjà stigmatisée par la société ..

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